La 3ème édition du salon OSIANE des technologies de l’information et de l’innovation s’est tenue du 16 au 18 avril 2019 à Brazzaville. Cet évènement annuel est une initiative de l’association des professionnels africains du numérique Pratic, avec l’appui de l’Agence de régulation des postes et communications électroniques du Congo (ARPCE). OSIANE 2019 a mis l’accent sur le thème de la Confiance numérique pour garantir une économie prospère.

La 3ème édition du salon OSIANE des technologies de l’information et de l’innovation s’est tenue du 16 au 18 avril 2019 à Brazzaville. Cet évènement annuel est une initiative de l’association des professionnels africains du numérique Pratic, qui bénéficie de l’appui de l’Agence de régulation des postes et communications électroniques du Congo (ARPCE).

Après une 1ère édition en 2017 axée sur la transformation numérique et une 2ème édition en 2018 sur le développement économique et le défi de l’industrie du numérique, la 3ème édition d’Osiane a mis l’accent sur le thème de la confiance numérique pour garantir une économie prospère. Cette année, Osiane s’est positionné comme un lieu d’échanges et de débats sur les questions relatives aux enjeux économiques et sécuritaires du secteur du numérique, particulièrement en Afrique centrale où son développement s’accélère.

Plusieurs acteurs publics et privés, en provenance d’Afrique et d’Europe ont pris part à ce salon pour débattre de divers sous-thèmes : le développement et la confiance numérique, le numérique et l’inclusion financière, la transformation digitale et les nouvelles opportunités d’affaires, la coopération agro-digitale, l’impact de l’innovation technologique sur le développement durable et la croissance inclusive, l’innovation au féminin, les infrastructures et les services internet. Une dizaine d’ateliers ont également été programmés pour approfondir les thématiques institutionnelles (UIT, PNUD, ICANN, FACEBOOK, IXP, Union africaine) et sectorielles qui  ont permis aux sociétés de présenter leurs solutions. Durant trois jours, le salon a accueilli une soixantaine d’entreprises dont 40 entreprises exposantes et près de 6000 visiteurs, battant le record des éditions précédentes et l’objectif des 5 000 attendus. Vingt start-up congolaises ont également bénéficié d’un espace dédié pour faire la promotion de leurs produits et services. Plusieurs délégations étrangères en provenance de France, du Cameroun, de RDC et du Sénégal avaient fait le déplacement.

Considérant que les États ont la responsabilité d’apporter des réponses aux préoccupations de sécurité que pose le développement de ce secteur, les organisateurs du salon ont jugé nécessaire d’introduire cette rencontre par un panel de haut niveau composé des ministres en charge du numérique au Congo, au Gabon et en République démocratique du Congo –RDC, qui ont partagé leurs expériences ainsi que les politiques gouvernementales mises en œuvre dans leurs pays respectifs.

Pour le cas du Congo-Brazzaville, le ministre des Postes, des télécommunications et de l’économie numérique, Léon Juste Ibombo, a évoqué les lois qui sont sur le point d’être votés par le Parlement pour doter le cyberespace congolais d’un cadre juridique efficace, à savoir les lois sur la cybersécurité, la lutte contre la cybercriminalité, la protection des données à caractère personnel et des transactions électroniques ainsi que la création d’une Agence congolaise des systèmes d’informations. Afin de contrôler ces transactions, compte tenu de l’ampleur que prennent les transferts et les paiements électroniques, une taxe de 1% sur les transactions en monnaie électronique a été instituée dans le cadre de la loi de finances 2019. Cette nouvelle mesure est un moyen pour le ministère de tutelle de trouver le juste équilibre entre les activités des entreprises et le retour sur investissement de l’État qui a construit d’importantes infrastructures de télécommunications. Pour assurer un suivi efficace de cette taxe, Léon Juste Ibombo a également évoqué la nécessité de créer sous la forme d’un partenariat public privé, une plateforme sur la traçabilité des transactions électroniques.

Les autorités congolaises ont reconnu lors des débats, que tout est à bâtir en matière d’écosystème du numérique, notamment sur le volet de la formation, et que l’État ne peut pas tout faire. Le Premier ministre, lors de son discours inaugural a évoqué la nécessité d’investir dans le capital humain pour faire avancer cet écosystème en construction. Même constat pour le ministre de l’Emploi qui pense que tout est à bâtir en matière de formation. Dans le même esprit, plusieurs professionnels du secteur intervenant sur les clés du développement du secteur numérique ont évoqué le besoin de préparer les jeunes à cette économie en leur donnant dès leur jeune âge des outils pour les sensibiliser. Développer l’usage des outils informatiques chez les jeunes serait un moyen efficace de les inciter à être des acteurs du numérique plutôt que de simples consommateurs.

Le décollage du secteur du numérique en Afrique nécessite l’implication des acteurs privés. Le salon Osiane a donné la possibilité aux acteurs de l’écosystème du numérique de présenter leurs activités : constructeurs de réseaux de télécommunications, notamment du réseau à fibre optique, opérateurs de téléphonie mobile, sociétés de service et FAI, web developers, etc.  La transversalité du numérique explique la présence d’entreprises intervenant dans divers domaines d’activité à ce salon.

La France était bien représentée à Osiane. Le salon a accueilli une délégation de 7 entreprises françaises (GVA -par ailleurs sponsor Platinium de l’évènement et seul opérateur au Congo à déployer le réseau Internet FTTH avec le lancement de sa CanalBox à Pointe Noire le 18 avril 2019 -, CIO-Mag, Tactis, France IX, Folan, Sofrecom, Point Sys). Huit panels de très bon niveau (Vice-président de l’ICANN, Vice-Président de SAP, Directeur Afrique de Deloitte, PDG de Groupe Vivendi Africa, etc.), la participation du Responsable international Afrique à la Direction générale de l’économie qui a participé à la table ronde sur l’inclusion financière ainsi que celle du Conseiller économique de l’Ambassade de France à Brazzaville qui a animé une table ronde sur les nouvelles opportunités d’affaires générées par la transformation digitale.  Enfin, la veille du salon (15/04/2019) a eu lieu le lancement du Club Congo –France Numérique avec la signature d’un accord bilatéral, en présence du Premier Ministre, du ministre de l’Économie numérique, de celui de de l’emploi et de la Formation qualifiante, et de l’Ambassadeur de France.

En conclusion

Cette 3ème édition a été satisfaisante au vu des thèmes débattus et de nombreuses interventions de qualité. Si les panels ont attiré majoritairement les professionnels, le public constitué d’étudiants et de porteurs de projets venus en grand nombre, a préféré participer aux ateliers.

La soixantaine de stands disponibles pour les exposants ont tous été occupés, en majorité par des entreprises locales.

Contrairement aux 1ère et 2ème éditions, cette édition a suscité un intérêt accru des autorités nationales. En rehaussant l’évènement de leur présence, le Premier ministre et sa délégation de ministres (Postes, télécommunications et économie numérique, Médias et communication, Économie forestière, Hydrocarbures, Intérieur et décentralisation, Recherche scientifique et innovation technologique, Emploi, enseignement technique et formation qualifiante) ont voulu témoigner l’importance qu’ils attachent désormais à ce secteur transversal qui fait partie des axes prioritaires du programme politique du Président de la République « La Marche vers le développement ».

Les autorités congolaises reconnaissent que leur compréhension des enjeux tant économiques que sécuritaires de ce secteur reste à parfaire. C’est dans cet esprit que le ministre de tutelle, Léon Juste Ibombo a interrogé le représentant de la DGE sur les contours de la loi GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) que la France entendait adopter.

C’est en 2019 que la République du Congo devrait commencer à imposer les transactions électroniques au travers d’une redevance sur les paiements électroniques générés par la mise en place d’un hub digital. Mais les besoins de l’administration congolaise vont au-delà de la mobilisation de recettes fiscales ; ils concernent aussi bien l’amélioration de l’environnement des affaires pour les entreprises que la relation avec le citoyen. C’est dans cette optique qu’a été lancé le Club France-Congo Numérique, dont les membres sont en capacité de répondre aux appels d’offre qui seront lancés dans la cadre de ce grand chantier de modernisation des services de l’Etat.

Source: tresor.economie.gouv

 

 

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